Interview | Günther Gheeraert

Aujourd’hui j’ai la chance d’accueillir le talentueux Günther Gheeraert aka Mister Gü qui a bien voulu m’accorder un peu de son temps afin de répondre à une petite interview.

 

Director Reel 2012Günther Gheeraert

Bonjour Günther et merci de bien vouloir m’accorder un peu de ton temps.

Günther, difficile de passer dans la sphère vidéo/motion design francophone sans entendre ton nom, mais au juste qui es tu ? Quel est ton parcours scolaire et professionnel ? Comment es tu arrivé dans ce milieu ?

Merci pour le compliment 😉

J’ai toujours voulu travailler dans un métier créatif. Au départ j’intéressais surtout au monde du dessin, j’ai donc commencé par la prestigieuse école d’arts appliqués Emile Cohl à Lyon, où le niveau était vraiment soutenu ! J’ai donc dû comme les autres m’adapter à l’exigence de cette formation.

Je me suis de plus en plus intéressé au monde du jeu vidéo, notamment aux recherches de décors et personnages, et j’ai réussi à trouver des stages dans ce domaine, notamment chez Eden Games, filiale d’Atari, sur le jeu vidéo Alone in the Dark sur la création conceptuelle de décors. Ensuite vente-privée m’a contacté après avoir vu mon portfolio en ligne et m’a offert mon premier vrai job, non pas en tant que graphiste comme j’aurai pu le croire, mais en tant que motion designer ! En effet sur une erreur d’envoi de test pour l’embauche, ils m’ont envoyé le test de motion design que j’ai réussi !

Un premier hasard du destin m’a fait entré dans le monde de la vidéo, de la mode, de la photographie, et de l’animation. J’ai pu expérimenter beaucoup de choses avec une équipe motion design qui s’est étoffée au fil des années. Je me suis intéressé à la photo, aux caméras au moment où est sorti le Canon 5D Mark II en France, et là ce fût le déclic ! Je serai réalisateur ! Une expérience de 4 années très enrichissantes au sein d’une start up qui est devenue l’une des entreprises les plus prolifiques de France en quelques années !

Après avoir fait le tour de mon travail là-bas et avoir fini sur la communication de la nouvelle Freebox (où j’ai participé aux différentes publicités TV) et avoir en parallèle toujours travaillé en freelance, je suis parti en agence de communication chez Isobar, maintenant détenue par le groupe Dentsu Aegis Network, l’une des plus grosses agences de communication au monde., où j’ai supervisé le pôle motion design de l’agence.

quelques temps avant de lancer en 2012 avec quelques collègues un collectif nommé blacknegative. Le lancement de notre petit collectif a été bien reçu dans le monde du digital, notamment grâce au site HTML5 que nous avions pensé et réalisé et qui était assez novateur à l’époque : une vraie expérience vidéo-ludique.

Ceci m’a permis de vraiment me lancer intégralement en tant qu’indépendant dans le digital, comme Réalisateur, Photographe et toujours Motion Designer. Depuis début 2014, je suis aussi représenté par Première Heure, l’une des plus grosse boite de production française en tant que Réalisateur de pubs TV.

Pourquoi as tu fais le choix de devenir indépendant, et qu’est ce qui t’as poussé à co-fonder blacknegative ? 

J’ai toujours eu une activité d’indépendant, même lorsque j’étais en agence, et je pense que cela a été un énorme avantage, car j’ai eu le temps de me faire mon réseau doucement, et surtout d’avoir le luxe de choisir mes travaux. Lorsque mon activité d’indépendant est devenue trop importante, j’ai donc choisi de basculer à 100% en freelance.

Lorsque nous avons lancé blacknegative, nous voulions mettre en commun avec Camille Marotte et Dilshan Arukatti nos travaux vidéos et webdesign et nous faire une belle vitrine de réalisations et un site internet vraiment original. Nous avons gagné de nombreux prix dont le prix du meilleur site 2012 sur Awwwards.

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Tu as fais le choix d’orienter ton travail sur la partie réalisation, qu’est-ce qui à motivé ce choix? 

La réalisation était la suite logique de mon travail. Après le dessin, après le jeu vidéo, après le motion design, la réalisation était pour moi devenu une nouvelle manière de “raconter des histoires”, de m’exprimer. J’espère expérimenter prochainement encore plus dans la réalisation et le storytelling, pourquoi pas avec un court métrage ? A suivre …

Tes vidéos sont toujours dotées d’un étalonnage vraiment travaillé, ce qui leur donne un style bien a elle, le travail de la couleur est il primordial pour toi? Si tu devais faire un parallèle entre le temps que tu passe à monter tes vidéos et le temps que tu passe à les post-produire quel serait-il?

Oui en effet pour moi la colorimétrie est très importante et j’essaye d’y attacher le plus d’attention possible. Pour moi l’étalonnage de mes vidéos est un élément de narration, au même titre que le montage ou la musique, c’est pour cela que j’y passe beaucoup de temps, je dirai même 50% de mon temps sur la post production d’une vidéo y est consacré.

Que pense tu du marché du travail francophone actuel sur les secteurs de la réalisation vidéo et du motion design ? Des contrats sont ils encore possibles d’après toi ou la tendance serait plutôt à l’indépendance?

La réalisation est un métier assez large, mais je dirai que généralement il est destiné à une activité d’indépendant. Le motion design lui se destine aussi bien à une activité freelance qu’à une activité en agence. Ayant moi même pratiqué les deux, je dois dire que j’ai vite fait le choix de l’indépendance car le rythme, mais surtout la nature des missions que l’on me proposait en agence ne me convenait pas. J’espère qu’un jour les agences de com ou de pub prendront conscience du potentiels du motion design au sein de leurs structures et sauront en tirer vraiment parti !

De l’ensemble de tes réalisations, quel est celle qui t’as le plus apporté personnellement et professionnellement  ?

Si je devais ne retenir qu’une réalisation je retiendrai “Frames of Life” qui reste à ce jour ma vidéo la plus réussie et aussi la plus diffusée et aimée : plus de 680.000 vues sur Vimeo et plus de 10.000 likes ! Cette vidéo est une vidéo de promotion des îles Canaries et le vrai plus de ce projet c’est qu’on m’a laissé une carte blanche totale pour montrer cette région comme je le voulais.

Une journée type pour quoi, qu’est ce que c’est ? 

C’est gérer mes productions du moment, rappeler des clients, monter, post-produire, mais aussi faire de la veille pour être toujours au courant des tendances actuelles dans la vidéo. Et aussi beaucoup de café !

Quels sont tes logiciels de prédilection et pourquoi ? 

Toute la suite Adobe CC 2014. Je suis Influencer Adobe, c’est à dire que j’ai la chance de pouvoir tester en avant première les logiciels et donner mon avis sur les prochaines mises à jour. Dans cette suite évidemment : Adobe After Effects, Adobe Premiere Pro Adobe Photoshop et Adobe Photoshop Lightroom sont mes logiciels de prédilection.

Plutôt Mac ou PC ? 

Mac, notamment avec l’achat récemment du dernier Mac Pro (celui en forme de poubelle oui oui…) dont je suis très content, mais j’ai aussi beaucoup travaillé sur PC, Windows 7 étant pour moi un meilleur OS que Windows 8 auquel je n’ai pas adhéré.

Où puise tu l’inspiration au jour le jour? 

Twitter et les réseaux sociaux en général sont une bonne source d’inspiration. Je lis beaucoup de bandes dessinées aussi 🙂

Quel est l’artiste que tu admire le plus et pourquoi? 

Steven Spielberg. Le plus grand cinéaste du 20e siècle pour moi. J’adore et je vénère pratiquement chacun de ses films. Tout simplement.

Le dernier film que tu as été voir au cinéma et qui t’as mis une claque ? 

J’ai bien aimé Oblivion au niveau de sa cinématographie, une ambiance comme je les aime  et une histoire simple mais qui vous tient jusqu’à la fin.

Si tu avais un conseil à donner aux jeunes créatifs qui veulent percer dans ce milieu quel serait il?

Travail. Travail. Travail, et surtout ne pas se décourager !

Le mot de la fin ? 

Liberté.

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